| Les populations de l'Atacora ont inventé des procédés apparemment simples pour l'édification de leurs habitations. |
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La maçonnerie
Les murs sont en banco. On l'obtient en malaxant de la terre riche en ciment naturel, le plus souvent riche en fer, avec de l'eau. Le pisé, qui rappelle la technique de la maison à colombages, est rarement utilisé. Cependant, on peut rencontrer sur le bord des grands cours d'eau, les bâtisses en pisé érigées par des pêcheurs saisonniers en l'occurences les Awlans, d'origine ghanéenne. Les murs en banco ne contiennent pas de branches ni de débris de paille comme c'est le cas dans le torchis. Les murs des greniers plus fins sont par contre en torchis. L'argile ou la terre à termitière est la matière de cette technique. Un mur s'obtient par une superposition de couches de 30 à 40 centimètres de haut. Ainsi, la hauteur d'une tourelle ou d'une case ordinaire peut se mesurer à partir du nombre de celles-ci. Les cases basses ont en moyenne entre 6 à 8 superpositions. Dans les habitations à étages on en peut compter jusqu'à 10. |
| Le crépis Une terre, très riche en ciment, de préférence grise, tirant sur le noir, est choisie pour cette opération. Sommairement tamisée, elle est mélangée avec de l'eau dans laquelle de la bouse de vache a été préalablement pétrie pour lui donner une certaine consistance. Ensuite, à l'aide des mains, on habille le mur avec cette pâte onctueuse. Puis on laisse sécher avant d'arroser le tout par une décoction faite d'écorces de karité ou d'écorces des fruits du néré. |
| L'aération Un petit trou circulaire est pratiqué juste à côté du foyer de l'étage pour permettre la circulation de l'air entre les deux niveaux. En général, les habitations ne comportent pas d'ouvertures en dehors des cuisines. Ces précautions sont guidées semble-t-il par des raisons climatiques et sécuritaires. En effet, le système de fermeture des portes et des fenêtres était assez mal développé. Pour éviter les rigueurs du climat à certains moments de l'année, il fallait limiter les ouvertures au strict minimum. Déjà, la toiture en paille était une précieuse source d'aération. |
| Les toitures Deux techniques sont utilisées pour la toiture par les populations de l'Atacora, à savoir : la toiture en paille ; la toiture-terrasse. -La toiture en paille Dans les toits de paille, les charpentes sont le plus souvent en tiges de mil ou en bois de fer et les plafonds en tiges de mil ou en "chaume" tressés. Pour monter la charpente, les tiges sont attachées par petites bottes de 20 à 30 tiges parfois plus (selon la grosseur des tiges) et dressées les uns contre les autres au-dessus du mur. L'ossature ou hauteur de la charpente est obtenue grâce à trois bottes-mères. Celle-ci en général, plus grosses que les autres supportent le poids de toute la structure. Une fois que la hauteur désirée est arrêtée, les trois bottelettes sont solidement attachées au sommet et on procède à la pose des autres. Le plafond, dans la majorité des cas, est en tiges de mil. On lie les tiges par les "pieds" tout comme si l'on voulait tresser une natte. Cet élément est étalé sur la charpente pour empêcher la paille de passer entre les espaces entre deux bois de charpente. Cette sorte de natte est attachée contre les bottelettes de tiges tenant-lieu de charpente par une corde tressée à l'aide des feuilles de rônier ou de raphia. Les lianes sont parfois utilisées pour ce travail. Mais avant de serrer solidement ce plafond contre la charpente, on prend soin de glisser quelques brins de paille entre le cordage et la natte en tiges. La pose de la paille s'effectue selon deux tehniques principales : La technique dite "piquée" qui consiste à étaler de la paille sur le plafond et la maintenir fixée en y enfonçant des poignées de paille. La technique du "déroulage" qui consiste à dérouler sur la charpente de la paille tressée à cet effet. Ces tresses de paille sont successivement étalées sur le plafond. Mais elles sont maintenues contre la charpente par des cordes de raphias ou de kénaf. |
| La toiture en terrasse Des traverses de bois sur lesquelles un treillage en lianes est confectionné sont étalées sur le sommet de la case. Elle sont ensuite recouvertes par une couche de banco. La terrasse des toitures est traitée de la même façon que la terrasse du plancher. C'est-à-dire, lissée et arrosée de décoction d'écorces de karité ou du fruit du néré. |
| Le plancher Le plancher est soutenu par un ensemble de poutres et de traverses dont la stabilté est assurée par la tourelle centrale. |
| Remarques Les maisons dans l'Atacora, en général et en particulier les habitations à étage, sont faites de banco, de bois, de tiges et de pailles. Or tous ces matériaux sont assez fragiles et se conservent difficilement. Alors, dans le cadre de la reconstruction quelles techniques pourrait-on utiliser pour limiter au minimum de lourdes charges d'entretien ? C'est une question qui à notre avis mérite d'être prise au sérieux dans l'établissement du dossier technique. Pourrait-on, comme le stipule la Charte Internationale pour la conservation des Monuments et Sites du Conseil International pour la Conservations des Monuments et Sites (ICOMOS) en son article 10, utiliser les techniques modernes de conservations sans altérer l'originalité et le sens même de l'existence de ces édifices. Pour l'ICOMOS, "lorsque les techniques traditionnelles se révèlent inadéquates, la consolidation d'un monument peut-être réalisée en faisant appel à toutes les techniques modernes de conservation et de construction dont l'efficacité aura été démontrée par des données scientifiques et, garantie par l'expérience" 2 . Elle précise par ailleurs que c'est dans l'esprit de solidarité, de sécurité et de durée des monuments. Si le banco peut-être additionné de ciment industriel pour en faire une terre stabilisée, qu'en sera-t-il des tiges qui tiennent lieu de charpente et de plafond surtout dans les habitations Berba ? Des techniques existent déjà pour le traitement du bois et de la paille peut recouvrir une toiture en tôles ondulées. Deux solutions à notre avis peuvent être envisagées. L'une consisterait en l'utilisation de faux plafonds ayant l'aspect de tiges de mil. Et l'autre consistant à ne choisir que deux pièces dans lesquelles on représenterait l'aspect original du système de couverture en tiges de mil et en pailles. Pour ce faire, l'étable et l'écurie dont les couvertures donnent sur l'extérieur ou la cuisine, pièce importante dans une concession, pourraient être retenus. |