FORCES ET FAIBLESSES DES TATAS SOMBA



Les châteaux somba offrent une bonne résistance. En effet, la terre qui sert à élever leurs murs est très riche en ciment naturel. Les couches qui forment ceux-ci ont en général 30 cm de haut et sont superposées les unes sur les autres. Ces maisons sont généralement construites en saison sèche. Et à la fin des travaux de maçonnerie, les femmes enduisent l'ensemble de la bâtisse de la terre riche en argile, mélangée à de la bouse de vache. Cet enduit après séchage est recouvert d'une décoction issue des écorses du fruit du néré ou d'une solution aqueuse dérivant de la préparation du beurre de karité. Ces solutions non seulement consolident la surface de l'enduit, mais encore la rendent imperméable. Cet enduit est renouvelable tous les ans ; mais ce délai n'est pas toujours respecté.

La paille, quand à elle, à une durée maximale de trois ans. Après, elle doit être normalement renouvelée, mais ce ne serait pas compter avec l'indisponibilité des paysans, car ils n'observent jamais ces impératifs.

Le principal problème se situe au niveau du plancher. Le tourelle centrale et les fourches de soutènement constituent sa principale force. Tant que ces éléments résistent, le tata quelle que soit la rigueur des précipitations, restera debout. Le bois de karité et le bois de fer, réputés pour leur résistance et choisis pour soutenir le plancher, sont autant de sages précautions qui confèrent à l'habitation somba une longue durée.

Aussi, une fois que les murs de raccord sont entretenus (fermeture des fissures après chaque saison), l'édifice peut résister de 5 à 15 ans. Mais quand l'entretien n'est pas assuré, sa durée de vie est très réduite. Cependant, durant les deux premières années qui suivent la construction, aucun problème d'entretien ne se pose.

Le feu, régulièrement allumé dans le vestibule, non seulement assèche les parois du mur, mais renforce la résistance des poutres du plancher contre l'attaque des xylophages tels que le perce bois, la vrillette..., par le dépôt de fumée sur les parois des poutres et des traverses. Pour bâtir un tel ensemble, le chef de famille a besoin du concours de tous ses frères et amis du clan, force morale de la société somba.