Daïnou Ogoubi
Aujourd'hui l'analyse du décryptage des génomes permet de faire des hypothèses sur le fonctionnement des gènes : il faut combiner des connaissances très variées, utiliser des organismes modèles, faire des rapprochements, trouver des parentés évolutives (ressemblances entre gènes), géographiques (proximité physique entre éléments du texte), fonctionnelle, structurale etc. Ceci relève des mathématiques, de la statistique et de la bio-informatique. Les résultats (propositions de fonctions à des gènes identifiés) doivent ensuite être validée grâce à la génétique inverse. Une application à cela est l'étude du code génétique " biaisé " (par ex. le codon CUA qui code la leucine est moins fréquent dans certains gènes que CUG) : le biais d'usage du code est lié à l'architecture cellulaire. Le plan de la cellule serait dans le chromosome : les gènes y sont répartis selon leur fonction, leur mode d'expression et la localisation des protéines dans les divers compartiments cellulaires. Ceci explique les difficultés rencontrées par les industriels lorsqu'ils cherchent à exprimer le gène d'un organisme hétérologue. Dès 2003, la structure et le code secret des 60 à 100 000 gènes humains seront séquencés. Ce n'est pas un aboutissement mais une 1ère étape (comparable à la table périodique des éléments en chimie). L'objectif est de déterminer la fonction des fragments d'ADN, de savoir par ex. pourquoi 1 gène peut coder des dizaines de chaînes polypeptidiques différentes. Tous, chercheurs et industriels, se tournent, au-delà de la génomique structurale vers la "génomique fonctionnelle" et la "post-génomique".
La société Novartis (Suisse) estime que les médicaments actuels interagissent avec environ 400 gènes sur les 3 000 à 10 000 impliqués dans les maladies. Cette nouvelle discipline cherche à opérer en parallèle sur plusieurs centaines ou milliers de séquences d'ADN et de protéines fournies par les projets de séquençage.
2 méthodes sont les plus utilisées : l'analyse en série de l'expression des gènes ("SAGE : serial analysis of gene expression ", 1995) et les microréseaux d'ADN (" micorarrays ") ou puces à ADN (microsurfaces de verre ou de silicium sur lesquelles sont déposés des milliers de séquences d'ADN complémentaires qui fixent par hybridation des ADN inconnus, en général de malades). La protéomique, sous-discipline de la biochimie, (apparue 10 ans avant la génomique) est l'étude des protéines d'une cellule, le "protéome " (terme inventé en 1995 par Humphery-Smith en Australie). Modernisée avec l'automatisation et l'amélioration de la sensibilité des électrophorèses sur gels à 2 dimensions couplées à la spectrométrie de masse et à l'informatique, elle est utilisée dans les études de génomique fonctionnelle.
génomique fonctionnelle : post-génomique :
SAGE : serial analysis of gene expression microréseaux d'ADN (" micorarrays ") : puces à ADN :
Tirés de 2 articles de Biofutur n° 191 août 1999 par Serge Tostain