1. La capacité nationale actuelle en expertise environnementale

 

Trente quatre pour cent (34 %) des institutions interrogées affirment que les effectifs et les qualifications actuels de leurs personnels ne sont pas suffisants pour atteindre les objectifs environnementaux qu’elles se sont fixés. Elles sont 33 institutions (41 %) à disposer d’au moins un cadre compétent en environnement (c’est dire que 59 % n’en ont pas du tout), et 20 institutions (25%) ont un technicien en environnement.

 

Ces statistiques sont indicatives de la faible capacité nationale en expertise environnementale, car en dehors de leurs spécialisations de base (sciences sociales, sciences de la terre, sciences biologiques et agronomie pour la plupart,) seulement onze personnes en charge des questions environnementales ont suivi des formations complémentaires spécifiques. Ces formations ont duré en moyenne deux semaines, et seulement cinq personnes ont été formées à l’extérieur dans des centres appropriés. Soixante-six pour cent (66 %) de ces chargés d’environnement estiment que leur formation initiale s’avère insuffisante par rapport aux exigences de leurs postes.

 

Pourtant, pour plus de quatre-vingt pour cent (80 %) des institutions, les activités relevant du domaine de l’environnement concerne l’IEC, l’assainissement primaire (collecte des ordures) et le reboisement. L’aménagement touristique, la lutte biologique, la pollution chimique sont cités en exceptions . Les autres domaines d’activités spécifiquement environnementales, tels que les audits environnementaux, l’étude d’impact environnemental etc. qui nécessitent des expertises pointues ne font pas encore l’objet d’attention particulière.

 

En terme de profil et d’effectif, il est donc évident que les besoins actuels sont loin d’être satisfaits. La plupart des institutions, pour pallier à l’insuffisance du personnel qualifié, sollicite l’expertise extérieure. Cinquante huit pour cent (58 %) des institutions interrogées déclarent avoir besoin d’expertise extérieure ; de ce total, quatre-vingt-cinq pour cent (85 %) estiment que cette expertise pourrait être fournie par l’UNB.

 

2.4.2. Estimation des besoins potentiels actuels et futurs en cadres environnementalistes

 

Moins de dix pour cent (10 %) des institutions disposent d’un document de stratégie de développement des ressources humaines. Ceci explique que seulement 22,5 % des institutions ont pu répondre aux questions relatives aux prévisions de formation en 1998, et 9 % aux questions sur les prévisions de recrutement en 1998 (tableaux 1 et 2). Pour certaines structures publiques, notamment les sous-préfectures ayant refusé de répondre à ce type de question, le recrutement relève du domaine du gouvernement qui y a mis un terme depuis 1986, avec le premier Programme d’Ajustement Structurel (PAS). Pour bon nombre de responsables, la planification des ressources humaines (formation et recrutement) est une question de moyens financiers. Il ne sert à rien d’avoir des plans qui ne seront pas exécutés.

 

En accordant une certaine crédibilité aux statistiques de ces tableaux, et bien que moins de 10 % seulement des institutions déclarent posséder une stratégie de développement des ressources humaines, il existe un marché réel pour les emplois à caractère environnemental. Cela implique pour l’UNB la mise en place de schémas qui permettent le recyclage de plus de 200 cadres et techniciens, la formation initiale pour un besoin de recrutement de plus de 100 personnes dans divers domaines de l’environnement, d’ici à l’an 2005.

 

La décentralisation, la généralisation prochaine de l’élaboration des plans municipaux d’action environnementaux initiés par le MEHU et la GTZ, en expérimentation à Ouidah, Savalou, Djougou, Abomey, et Bohicon, l’adoption de la loi-cadre sur l’environnement, le renforcement de la conditionnalité environnementale par les bailleurs de fonds, sont autant de facteurs qui accroîtront les besoins en expertise environnementale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 1. Besoins du Bénin en formation continue en sciences environnementales de 1998 - 2005

 

Profils demandés 1998 2005
  Nbre institution ayant exprimé le besoin Nbre de personnes à former Nbre institution ayant exprimé le besoin Nbre de personnes à former

Aménagement du territoire

Problèmes sociaux de l’environnement

Gestion durables des ressources naturelles

Suivi écologique

IEC en Environnement

Economie de l’environnement

Etudes d’impact environnemental

Audit environnemental

Droit de l’environnement

Ecotoxicologie

Gestion des déchets industriels

Pollution atmosphérique

Assainissement du cadre de vie

Energie et environnement

Agriculture durable

Elevage

Gestion des terroirs

Santé humaine

Relation homme-femme et environnement

Police de l’environnement

Autres

07

04

07

07

09

04

04

02

03

02

02

02

05

02

02

02

02

03

02

01

03

07

04

12

09

12

04

06

05

05

03

02

02

06

02

08

04

02

03

02

01

06

01

00

02

01

01

01

01

01

01

00

00

01

01

01

01

00

00

01

01

00

00

01

00

12

01

09

01

01

01

04

00

00

01

01

01

05

00

00

01

01

00

00
Nombre Total

18

105

0 4

40
Fréq (en % institutions enquêtées ) 22,5%   5 %  

Source: Enquêtes, mai 1997

 

Tableau 2. Besoins du Bénin en recrutement de spécialistes d’environnement pour 1998 et 2005

Profils demandés 1998 2005
 

Nombre d’institutions

demandeuses

Nombre total

demandé

Nombre d’institutions

demandeuses

Nombre

total demandé

Aménagement du territoire

Problèmes sociaux de l’environnement

Gestion durables des ressources naturelles

Suivi écologique

IEC en Environnement

Economie de l’environnement

Etudes d’impact environnemental

Audit environnemental

Droit de l’environnement

Ecotoxicologie

Gestion des déchets industriels

Pollution atmosphérique

Assainissement du cadre de vie

Energie et environnement

Agriculture durable

Elevage

Gestion des terroirs

Santé humaine

Relation homme-femme et environnement

Police de l’environnement

Autres

02

02

03

01

03

02

00

01

02

01

00

01

03

01

01

01

01

03

01

02

02

05

05

04

01

06

02

00

01

02

01

00

01

05

01

03

01

01

04

01

02

02

00

01

01

00

01

00

01

00

01

00

00

00

00

00

01

00

00

00

00

00

00

00

01

08

00

06

00

01

00

03

00

00

00

00

00

05

00

00

00

00

00

00
Nombre Total

07

48

0 2

24
Fréq en % institutions enquêtées 8.75 %   2.5 %  

 

Source: Enquêtes, mai 1997

 

 

2.4.3. Nature, objectifs et contenu de la formation, vus par les professionnels

 

Toutes les suggestions en ce qui concerne le produit que l’UNB devra livrer sur le marché de l’emploi portent sur deux points :

* le professionnalisme,

En d’autres termes, cette formation doit développer chez les apprenants un savoir-faire centré sur les problèmes locaux. Tous les services publics, surtout les sous-préfectures, ont annexé une page de commentaire libre concernant ces deux préoccupations ci-dessus, et 92 % des institutions interrogées ont mis l’accent sur cet aspect pratique de la formation qui confère à l’apprenant un savoir-faire réel.

 

Selon les préoccupations et les perceptions actuelles, les formations en IEC, la gestion durable des ressources naturelles, l’agriculture durable, la santé humaine, l’aménagement du territoire et l’assainissement du cadre de vie, sont les besoins les plus exprimés (Tableau 3). Il est fort probable que ces besoins varient dans les cinq années à venir, en raison de l’évolution du cadre institutionnel et juridique de l’environnement au Bénin. Il est par ailleurs sollicité que la formation s’organise en modules (d’un mois) pour permettre aux personnes en activité d’y participer. Le tableau 4, quant à lui, donne les besoins en formation continue, exprimés par le personnel en charge des questions environnementales ayant répondu aux questionnaires d’enquête.

 

Tableau 3 : Les formations prioritaires sollicitées par les institutions pour leurs personnels en charge de l’environnement.

 

 

 

Domaine de Formation

Demandes institutionnelles (exprimées en % des cadres à former)

N = 140

Assainissement du cadre de vie

17,1
IEC en Environnement

16,4
Agriculture Durable

12,9
Aménagement du Territoire

09,3
Santé Humaine

08,6
Gestion Durable des Ressources Naturelles

07,1
Gestion des Terroirs

06,4
Problèmes Sociaux de l’Environnement

04,3
Etude d’Impact Environnemental

03,8
Police de l’Environnement

02,9
Energie et Environnement

01,4
Economie de l’Environnement

01,4
Audit Environnemental

00,7
Droit de l’Environnement

00,7
Autres

07.0

Source : Enquête Mai 1997

 

Tableau 4 : Les domaines de recyclage jugés prioritaires par les 18 chargés d’environnement interviewés

 

 

Domaines de Recyclage

Pourcentage de demandes de recyclage N = 18
Etude d’Impact Environnemental

50
Assainissement du Cadre de Vie

50
Economie de l’Environnement

44
IEC en Environnement

33
Gestion Durable des Ressources Naturelles

33
Problèmes Sociaux de l’Environnement

28
Santé Humaine

28
Audit Environnemental

28
Suivi Ecologique

28
Agriculture Durable/Elevage

28
Gestion des Terroirs

22
Ecotoxicologie

22
Aménagement du Territoire

17
Administration et Police Environnementales

17
Gestion des Déchets

17
Pollution

11
Droit de l’Environnement

11
Problème de Genre et Environnement

11
Energie et Environnement

06

Source : Enquête Mai 1997