Une précarité alimentaire atténuée par l'intégration des marchés



Le marché régional joue un rôle essentiel dans la résolution des problèmes de sécurité alimentaire dans le Sous-espace Est. Bien que la direction des flux ne soit pas figée dans le temps, tout semble partir ou converger vers le Nigeria qui se positionne comme le principal pôle régional des transactions céréalières. Ainsi les déficits structurels du Niger et du Tchad en mil et sorgho depuis longtemps et puis récemment en maïs sont comblés par les excédents provenant des Etats de Sokoto et Kebbi au nord-ouest, de Katsina, de Kano, de Kaduna, de Jigawa et de Bauchi au centre-nord, de Yobe et de Borno au nord-est du Nigeria. Le Niger et le Tchad ont également recours respectivement au maïs produit dans les zones cotonnières du nord du Bénin et au mil et au riz blanchi du Cameroun pour satisfaire leur demande céréalière. Le Nigeria exporte aussi en direction du Cameroun de la farine de maïs et de mil. En revanche, le déficit en riz du Nigeria est partiellement comblé par les importations de paddy camerounais des aménagements de la SEMRY.

Entre le Bénin et le Nigeria, le sens des flux n'est pas figé dans le temps. De 1975 à la moitié des années 80, le Bénin a exporté des produits vivriers vers le Nigeria. Mais à partir de 1987, la situation s'est inversée, consécutivement à la relance de l'agriculture nigériane et à la mise en place de mesures restrictives d'importations de certaines denrées alimentaires. Le Nigeria est devenu pourvoyeur du Bénin en maïs. Le Bénin quant à lui s'est spécialisé dans la réexportation du riz et de la farine de blé.

Le volume des transactions n'est pas connu avec certitude Il est estimé en milliers de tonnes et varie d'une année à une autre. Entre le Niger et le Nigeria pour lequel il existe plusieurs travaux d'estimation , le volume des transactions officielles de céréales est passé de 50 149 tonnes à 88 207 tonnes entre 1995 et 1996. Le maïs représentait 85 et 75% du volume des approvisionnements nigériens au cours de la même période. Entre les premiers trimestres de 1996 et 1997, le volume des transactions enregistré par les mêmes sources montre un recul de 28,6%, expression des difficultés du Nord Nigeria. Ces chiffres quoique largement sous-estimés, donnent cependant une idée du rôle régulateur que jouent les produits nigérians sur le marché nigérien. Le SIM-Niger considère que les données des postes phytosanitaires représentent 40% du volume des flux réels, ce qui donnerait pour 1996, 220 000 t de céréales importées du Nigeria, soit 25% du marché céréalier nigérien.

Le volume de la réexportation du riz du Bénin vers le Nigeria qui avait atteint le chiffre de 300 000 tonnes en 1987 est réduit à sa plus simple expression depuis 1995 pour se situer autour de 80 000 tonnes en 1996. Il tourne autour de 60 000 tonnes en 1997.

Ces échanges sont animés par trois types de marchés. Il s'agit de :


Présentation
Introduction
Tension sur les céréales
D'où viennent les problèmes ?
Les réactions autarciques des pouvoirs publics
Le fonctionnement des échanges
A propos de la rentabilité
Céréales locales, céréales importées et sécurité alimentaire