Dans chaque pays, les autorités ont adopté différentes mesures face aux tensions observées sur les marchés des céréales : ici, des interdictions d'exportations ; là, l'organisation de concertations entre les pouvoirs publics et les commerçants ; ailleurs des appels à contribution de la communauté internationale.
Au Bénin, les autorités ont interdit pendant deux années successives, les exportations de céréales vers, non seulement ses débouchés traditionnels : Niger, Burkina et Togo mais aussi vers certains pays de l'Afrique Centrale, demandeurs de maïs béninois. De nombreux barrages ont été supprimés à l'intérieur du pays pour limiter les tracasseries routières dans le transport des marchandises. Les Etats du Nord-Nigeria ont aussi interdit la sortie des céréales depuis quelques années du fait des mauvaises récoltes successives. Ces mesures vont dans le même sens que la libéralisation des importations de riz, prises au niveau fédéral. Le Niger et le Tchad ont plutôt sollicité l'aide de la communauté internationale en plus des importations informelles du Nigeria par leurs commerçants, pour combler leurs déficits. On constate que ces différentes mesures ont un caractère national alors que le phénomène est régional. Aucune concertation n'a jamais été envisagée ne serait ce que dans le cadre de l'Autorité du Bassin du lac Tchad qui regroupe 4 des 5 Etats du Sous Espace Est ( Cameroun, Nigeria, Niger, et Tchad).
Seuls les commerçants ont compris que la conjuration de l'insécurité alimentaire de la sous région dépend moins des solutions nationales que d'une approche régionale de la question. Ils ont de ce fait et de tout temps mis en place des stratégies pour contourner les différentes mesures nationales