Si la fluctuation saisonnière des prix des céréales se perpétue, la tendance générale qui se dégage de ces trois dernières années est à la hausse. Dans les pays du sous-espace comme dans d'autres pays du Sahel (notamment au Burkina), on observe une hausse continuelle des prix des céréales depuis 1995. Si chaque année les prix en période d'abondance sont généralement inférieurs à ceux observés durant la soudure, ils sont par contre depuis quelques années, nettement supérieurs à ceux enregistrés au cours de la campagne précédente à la même période. Selon le bulletin du SIM Niger les prix des céréales à Niamey au cours du mois d'octobre 1997 étaient supérieurs d'environ 30% à ceux d'octobre 96. A Niamey le Kg de mil a coûté 174 F/Kg en septembre 97 contre 134 F/Kg en septembre 96.
S'agissant de la période de soudure, on a même assisté par endroit à une hausse des prix précoce durant la campagne 96-97, signe de mauvaise récolte. Déjà en janvier 97, période normale de commercialisation, les prix ont augmenté de plus de 20% à Cotonou, de 8% à Niamey et 10% à Kano. La ménagère a acheté le Kg de maïs à 225 Fcfa à Cotonou pendant la soudure de 1996/97 contre 175 Fcfa la soudure précédente, soit une augmentation de 28,5%. Le grand Nigeria, pays fournisseur de céréales dans la sous-région, n'a pas été épargné par cette envolée des prix des céréales. A Kano et à Maïduguri, les prix du maïs ont crû respectivement de 34 et 26% entre mai et juillet 96 et mai et juillet 97.
Au Cameroun, les prix sont continuellement en hausse. Cette hausse a atteint 166,6% pour le mil rouge, 137,5% pour le mil jaune et 85% pour le maïs en deux ans (sept-95, sept-97) selon les données de la base du réseau. Le Kg de mil et de maïs en graine a coûté 185 Fcfa en juin et juillet 97 sur le marché de Maroua alors qu'il culminait à 125 Fcfa les années précédentes. Les mouvements de mil du Nigeria vers le Cameroun ont été de ce fait précoces en 97.