La satisfaction de la demande, qu’elle soit interne ou externe, nécessite le déplacement de bétail des zones de pâturages, situées dans les zones sahéliennes de la région, vers les principaux centres de consommation, dont la plupart se trouvent au sud. Ce transfert du bétail est soit réalisé par la transhumance sur pied (notamment lors du passage des frontières), soit en camion (notamment pour les déplacements à l’intérieur du Nigeria). Plusieurs acteurs (éleveurs, bergers et commerçants) participent à cette transhumance. Ils se retrouvent sur plusieurs types de marchés, qui remplissent différents types de fonction dans la filière.
Les marchés
On distingue trois types de marché de bétail dans le sous-espace. Les marchés de collecte sur lesquels les éleveurs vendent leur bétail soit à des petits commerçants, soit à des éleveurs. Il n’y a généralement pas de détaillants sur ces marchés car ils sont situés dans des régions où les habitants autoconsomment leur viande. On trouve ce type de marché dans le nord du Niger et dans le nord-est du Tchad.
Viennent ensuite les marchés de rassemblement sur lesquels s’opère une première concentration des troupeaux. C’est généralement à ce niveau qu’interviennent les gros commerçants. Certains marchés de rassemblement sont localisés à proximité des grandes villes lorsque le bétail est à destination des marchés de consommation nationaux, d’autres sont à proximité des frontières dans le cas de l’exportation. Déjà à ce stade, une partie du bétail est abattue pour la consommation de la population locale. Les grands commerçants font enfin conduire leurs troupeaux par des bergers jusqu’aux marchés de consommation qui se trouvent dans les agglomérations.|
Cas général |
Exemples au Tchad |
Vendeurs |
Acheteurs |
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Collecte |
Koundjourou
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*Eleveurs |
*Petits commerçants *Gros éleveurs |
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Rassemblement |
Pala, Massaguet |
*Petits commerçants *Gros éleveurs |
*Grands commerçants *Bouchers |
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Consommation |
N’djaména |
*Grands commerçants |
*Détaillants *Bouchers |
Source : BDR (Equipe tchadienne)
Les acteurs et les transactionsMalgré la diversité des situations, quelques traits caractérisent de manière grossière les acteurs intervenant sur les circuits de commercialisation de bétail. Il est ainsi intéressant de remarquer que dans tous les pays de la zone, la présence d’un intermédiaire (le dilalis) entre le propriétaire et l’acheteur de bétail est nécessaire. Il s’agit d’un garant de la transaction, qui connaît bien le commerce du bétail et ses intervenants, et en qui les acteurs ont confiance. Le prix est déterminé par sa médiation sans que le vendeur et l’acheteur se rencontrent. Le dilalis est rémunéré par une commission qu’il touche sur chaque tête de bétail vendu.
Une fois la transaction réalisée, les commerçants confient leur bétail à des convoyeurs pour les amener sur les marchés de vente. Dans le cas des exportations de bétail, les commerçants se chargent de faire passer leurs troupeaux de l’autre coté des frontières. Dans certains cas, les commerçants amènent les animaux jusqu’aux marchés de consommation du pays voisin ; dans d’autres cas, ils cèdent les animaux à leurs homologues du pays de destination.
La régulation des marchés de bétail passe également par les relations existant entre les grands commerçants. L’entrée dans la profession n’est pas libre, car l’acceptation d’un nouveau commerçant passe par une période d’apprentissage. Si ce processus n’est pas respecté, les activités du nouveau venu seront entravées par les autres commerçants. En revanche, les commerçants " officiellement acceptés " par la profession bénéficient de soutiens divers.