Le niveau de la demande de viande par tête dans les différents pays de la région est difficile à déterminer précisément. Néanmoins, à partir des éléments de nos équipes et du rapport Solagral (1992) pour le Nigeria, nous pouvons nous donner une représentation générale. Il est important de préciser que les chiffres que nous reprenons dans la colonne " estimation de la demande " du tableau 1 sont basés sur le volume de viandes commercialisées, toutes origines confondues. Cela signifie qu’ils incluent les viandes bovines, ovines, caprines, mais aussi les viandes de poulet, de chameau, de porc.... Ces chiffres permettent deux remarques principales.
* La consommation par tête est nettement plus élevée dans les pays sahéliens (avec environ 10 kg / hab./ an au Niger et au Tchad) qu’au Nigeria (avec environ 4 kg / hab / an). Le Cameroun et le Bénin se situent à des niveaux intermédiaires (respectivement 9 et 6.5 kg).
* On observe également une baisse de la consommation par tête depuis le début des années 80. Au Nigeria, cette baisse aurait été particulièrement forte puisque l’on estime que chaque habitant consommait 8 kg de viande en 1980 et seulement 4 kg en 1990. Bien que difficile à chiffrer, ce recul est réel et reflète la forte dégradation du pouvoir d’achat de la plupart des nigérians depuis 15 ans. Face à ces difficultés, les nigérians ont compensé une partie de leurs besoins en protéines par l’augmentation de la consommation de produits halieutiques, voire de produits de la chasse.
Selon le tableau 1, le Nigeria s'impose par l'importance de son cheptel bovin et ovin/caprin qui représente respectivement 57% et 61,5% de l’effectif total du sous-espace. Cette importance est cependant à relativiser par le poids démographique de ce pays (108 millions d'habitants). Par ailleurs il apparaît que seuls le Niger et le Tchad sont en mesure de couvrir leur demande en viande par leur disponible en bovins, ovins et caprins. Ces deux pays ont le potentiel d’exporter au moins, respectivement 55 et 53% de ce disponible. Dans les autres pays, les demandes en viandes non couvertes par la production locale de bovins, ovins et caprins, représentent 39, 49.5 et 16%, respectivement pour le Nigeria, le Bénin et le Cameroun. Ces parts sont constitués des autres viandes produites localement et des importations de viandes du reste du monde (sous-région inclue).
Tableau 1 : Offre / demande dans le sous espace|
Pays |
Effectif en milliers de têtes. |
Disponible (bov/ov/cap) en t |
Demande estimée en viandes en t |
Satisfaction de la demande par le disponible |
||
|
Bovins |
Ov/Caprins |
(toute origine) |
ov bov cap (%) |
|||
|
Nigeria |
16 332,8 |
38 170,4 |
274 917,3 |
453 600 |
61% |
|
|
Tchad |
4 516,6 |
5 185 |
102 207,4 |
66 150 |
155% |
|
|
Niger |
1 928,6 |
9 194,4 |
70 425,9 |
46 110 |
153% |
|
|
Bénin |
947,8 |
2 070,4 |
17 412,3 |
34 450 |
50.5% |
|
|
Cameroun |
4 812,8 |
7 378,8 |
95 973,8 |
114 400 |
84% |
|
|
Total |
28 538,6 |
61 999 |
560 936,7 |
714 710 |
78.5% |
|
|
Taux |
Bovins |
Ovins |
Caprins |
|
Mortality rate |
6,3% |
6,4% |
12,1% |
|
Exploitation rate |
11% |
35% |
36% |