L’offre



Les réglementations de l’offre

D’une manière générale, l’offre de médicaments est relativement libre dans les pays francophones du sous-espace: Bénin, Niger, Tchad et Cameroun (peu de produits prohibés). Au Nigeria en revanche l’Essential Drugs Program (EDP) mis en place en juin 1991 définit une liste de produits autorisés à la production comme à l’importation [4]. Cependant, depuis mars 1992 l’EDP ne s’applique plus qu’au secteur public. Les opérateurs privés (producteurs, pharmacies, cliniques) ont désormais le droit de traiter les médicaments qu’ils veulent.

La production locale

Des industries pharmaceutiques existent dans plusieurs pays de la sous-région (comme Pharmaquick, Biobénin et la Sopab au BENIN, Plantecam, RPSI, SIPP etc. au CAMEROUN), l'ONPPC au Niger pour la production des médicaments essentiels utilisés pour le traitement des pathologies les plus courantes (Chloroquine, Aspirine, Paracetamol contre le paludisme et les maux de tête, les Sels de Réhydratation Orale contre les diarrhées, les Glucoses 3%, 5%, 15% et les Chlorures de sodium 0,9%, le Ringer de Lactate contre les traumatismes).

La production béninoise s’élèverait à environ 1 milliard de FCFA, celle du Niger s'élève à environ 810 millions en 1995 [3]. Cependant seul le NIGERIA a un véritable tissu industriel dans ce secteur avec une soixantaine de sociétés. On estime qu’en 1990, la production de produits pharmaceutiques au Nigeria était de l’ordre de 70 millions de dollars (soit 35 milliards de FCFA valeur 1996) [4]. Il est important de préciser qu’il n’existe pas de production de principes actifs au Nigeria. Ceux-ci sont donc importés et utilisés pour élaborer les médicaments. Parfois, les produits finis sont importés en vrac et seul le conditionnement est fait localement. L’industrie pharmaceutique est donc assez représentative de l’industrie nigériane en général: une industrie d’assemblage. Par ailleurs, cette industrie est souvent le fait de capitaux américains, allemands, suisses, anglais et de plus en plus indiens. Précisons aussi que l’existence au NIGERIA d’une industrie " significative " de contrefaçon a été révélée par une enquête conjointe FIP/Commonwealth Pharmaceutical Association [6].

Les importations

Ces importations sont le fait de firmes de production (qui commercialisent donc à la fois leurs produits et des produits importés), des pharmaciens (souvent regroupés en groupements d’achats telles que ... au Bénin), des organisations religieuses ou ONG (qui reçoivent des dons) et de l’Etat par le biais de l'ONPPC au Niger (qui approvisionnent les centres de santé publics et les pharmacies en médicaments) et au Bénin, par la centrale d’achat des médicaments génériques. Au Cameroun, l'importation se fait suivant une spécialisation : les médicaments de spécialités sont importées par trois principaux importateurs à savoir, LABOREX, CAMPHARM et PHARMACAM tandis que les médicaments génériques sont importés par la CCP, le CIAME, et l'AD LUCEM. Les importations frauduleuses sont le fait d'opérateurs non agréés qui "empruntent" la qualité d'un pharmacien et d'autres opérateurs plus audacieux interviennent dans l'importation sans couverture d'un pharmacien. Le trafic des produits pharmaceutiques serait actuellement au Cameroun "l'un des plus juteux au port et à l'aéroport de Doula" (Cf. Journal La Nouvelle Expression, n°363 du 22/11/96, p.5).

Les produits proviennent de différents pays d’Europe et d’Amérique du Nord mais aussi d’Asie (Inde, Pakistan...). Au NIGERIA, le montant des importations est d’environ 30 milliards (converti en FCFA) auxquels il faut ajouter 15 milliards pour les administrations, l’armée et la contrebande [4]. Le BENIN importe pour 5 milliards. auxquels il faut ajouter environ 2,5 milliards de dons (nos estimations d’après les données des Douanes béninoises et du Port Autonome de Cotonou). Par le Port Autonome de Cotonou transitent des produits pharmaceutiques vers le NIGER et le TCHAD (source: Port Autonome de Cotonou). En tout, le Niger a importé de façon officielle pour environ 8 milliards en 1995 contre 4 milliards en 1993 (dévaluation oblige), le Cameroun pour 24 milliards (pour 1905 t de produits) en 1995-96 contre 14 milliards (pour 1381 t de produits) en 1993-94.

Les exportations

En dehors du commerce frontalier entre pays de la sous-région, elles sont relativement faibles...

L’offre nette globale (production + importations - exportations).

Tableau n°2 : Offre globale nette estimée en 1995 en milliards de F.CFA

PAYS

OFFRE

DEMANDE

SOLDE

BENIN

8

12,5

- 4,5

NIGER

9

10

-1

CAMEROUN

27

35

-8

TCHAD

 

10

 

NIGERIA

85

80

+5

Le tableau montre que seul le NIGERIA est excédentaire.

Les systèmes de distribution

Les médicaments sont disponibles dans les centres de santé public, les centres de santé confessionnels, les pharmacies, les hopitaux, les cliniques et enfin sur les marchés. Ce dernier poste est loin d’être négligeable: une étude menée par le LARES dans 10 localités béninoises a dénombré environ 6000 vendeurs de médicaments (pour l’essentiel des femmes): près de 1500 opérent sur les marchés tandis que plus de 3500 pratiquent le commerce ambulant (en transportant des plateaux de médicaments sur la tête).


Présentation
Introduction
La demande
Les prix
Les exportations informelles de produits pharmaceutiques du Nigeria vers la zone franc
Les autres sources d'approvisionnement du marché noir
Conclusion et bibliographie