Les produits textiles occupent une place importante dans la consommation ouest africaine. En 1990, les habitants de la sous-région (constituée du Nigeria et de ses voisins) consommaient déjà pour plus de 100 milliards de Fcfa en tissus de style africain par an(1). Avec l'accroissement des populations et l'augmentation des prix des produits, il est évident que la réalité actuelle est bien supérieure à ce montant. Pour le Bénin seul, les dernières estimations (remontant à 96) parlent d'une consommation de 10 Milliards par an pour ces tissus contre 5 en 1990.
L'existence de tissus portés exclusivement en Afrique et la taille du marché des produits textiles ont été à la base du développement d'unités de production de filage et d'impression dans presque tous les pays d'Afrique de l'ouest et du centre. Pour beaucoup d'entre eux, l'industrie textile demeure parmi les plus dynamiques et, par son potentiel pouvoir d'intégration verticale (la plupart de ces pays étant producteurs de coton), parmi les plus précieuses.
Ces industries, en dépit de l'adoption de politiques tarifaires protectionnistes, sont durement concurrencées par les importations. Cette concurrence s'exerce à la fois de manière directe et indirecte. Directe car dans le cas des pagnes les consommateurs disposent d'une offre composée par la production nationale et par des marchandises importées d'autres pays d'Afrique ou d'autres parties du monde (Europe, Asie...). Indirecte dans le sens où les importations massives de friperies enregistrées au Bénin et au Cameroun tendent à détruire non seulement les postes de travail des usines textiles mais aussi ceux de l'artisanat (tailleurs, couturières).
1 - P. Kloboukoff, B. Lesluyes, J-C. Le Goff, La compétitivité de la filière textile en Afrique Subsaharienne, 1995.