Au cours des années 90...



Les hydrocarbures nigérians ont connu par la suite deux augmentations de prix au NIGERIA, l ’une en novembre 93 et l’autre en octobre 94. La première a représenté grosso modo un quintuplement des prix à la pompe et la seconde un triplement. Ainsi le litre d’essence dans les stations est passé de 0,7 à 3,25 puis à 11 nairas. Tout ceci (en plus de la dévaluation du FCFA en janvier 94) a conduit à une nette réduction du différentiel de prix entre le NIGERIA et les pays de la zone franc. Mais celui-ci reste encore important: en octobre 94, en convertissant au taux de change parallèle, on trouvait pour le litre d’essence un écart de 82 FCFA avec le BÉNIN, de 137 FCFA avec le NIGER et de 212 FCFA avec le Nord-CAMEROUN. En revanche, l’écart de prix entre produits à la pompe et au marché noir à l’intérieur de chacun des pays de la zone franc est relativement faible dans les principaux centres de consommation (ceci est dû au nombre important d’intermédiaires nécessaires à l’acheminement des hydrocarbures). Ainsi, à NIAMEY le litre d’essence vaut actuellement 275 FCFA contre 310 à la pompe ; à COTONOU, il vaut 160 FCFA contre 170 à la pompe. En revanche, à MAROUA et YAOUNDE le litre de super vaut 225-250 FCFA contre 346 et 336 FCFA (respectivement) à la pompe. Cette spécificité camerounaise s’explique par l’entrée en vigueur le 01.07.95 de la nouvelle loi de finance qui comprend une augmentation de la taxe sur les produits pétroliers. Les prix à la pompe au Cameroun ont ainsi augmenté de 16%. En revanche, dans les localités frontalières, le différentiel de prix est nettement plus élevé: 175 FCFA le litre à Maradi et Zinder contre 303 à la pompe et 120 FCFA contre 170 à la pompe à Kétou (BÉNIN)... Aussi, dans les grands centres urbains béninois ou nigériens bien approvisionnés par les sociétés nationales de commercialisation et relativement éloignés des frontières, la consommation s’est en grande partie reportée sur le système officiel (compte tenu de la différence de qualité(1) et de la faiblesse de l’écart de prix). Par contre au CAMEROUN, l’importance de l’écart de prix a induit des flux d’importation soutenus de carburant nigérian (en revanche, l’huile à moteur utilisée est camerounaise car de meilleure qualité que son homologue nigériane). Au BÉNIN et au NIGER, les taxis (autos ou motos) et les populations des zones frontalières continuent aussi à s’approvisionner au marché parallèle... On estime aujourd’hui que 40 à 50% de la consommation nigérienne est encore assurée par le marché noir. Au total, les sociétés nationales de commercialisation (SONACOP, SONIDEP) ont regagné une grande partie de leur marché intérieur:

Évolution des ventes de la SONACOP (Bénin) de 1993 à 1994

Produits \ Années

1993

1994

Variation (en %)

Super (en m3)

13688

33805

+ 147%

Essence (en m3)

15937

55992

+251%

Pétrole lampant (en m3)

10571

58585

+454%

Gasoil (en m3)

43225

78863

+82%

Lubrifiants (en tonnes)

2169

3932

+81%

1 - En effet, les cuves et bidons servant à transporter les produits pétroliers nigérians ne sont pas toujours très propres. En outre, le mélange vendu au bord des rues pour les mobylettes est parfois mal dosé...
Présentation
Introduction
Au cours des années 80...
Perspectives