Relations bilatérales entre le Nigeria et les pays limitrophes


d'après Dr C. OBI


Depuis la prise du pouvoir par le général Abacha en 1993, on assiste à un rapprochement politique entre le Nigeria et ses voisins francophones (à l’exception du Cameroun). Cette volonté nigériane de constituer un pôle géopolitique dans lequel il aurait le leadership est motivée par son discrédit au niveau de la communauté internationale depuis 1993, année pendant laquelle les élections présidentielles ont été annulées par la junte de Babangida et surtout depuis 1995 avec l’exécution de 9 opposants Ogonis (dont l’écrivain Ken Saro-Wiwa) par la junte d’Abacha.

Il faut voir dans cette coopération une réminiscence des anciens régimes politiques qui ont prévalu dans les pays de la sous région dans les années 1970-80. En effet, ce n’est pas un hasard si le soutien politique de la junte nigériane se fait à l'endroit des chefs d’Etat qui ont dirigé ou soutenu des dictatures militaires dans leurs pays avant le retournement démocratique du début des années 1990 (Général Mainassara Baré au Niger, Colonel Idris Deby au Tchad, Général Mathieu Kérékou au Bénin). En s’entourant ainsi, le Nigeria tente de former une sous région comme un rempart face à l’hostilité des pays occidentaux.

De plus, de part son engagement au sein de l’ECOMOG et ses interventions au Liberia, en Sierra Leone et au Tchad (avec lequel il entretient des relations militaires privilégiées), le Nigeria tente de se faire une image de protecteur de l’Afrique aux yeux de la communauté internationale.

De leur côté des pays francophones frontaliers du Nigeria, se tournent en toute logique vers leur gigantesque voisin, d’autant plus qu’avec les échanges informels, le Nigeria est stratégique pour la sécurité alimentaire (Niger) et les besoins économiques des populations de ces pays.

La seule ombre au tableau reste l’ambiance tendue qui règne entre le Nigeria et le Cameroun. Cette situation repose sur l’histoire et sur le partage géographique et ethnique entre les deux pays. Retenons seulement le principal conflit qui les oppose depuis les indépendances : le contrôle de la péninsule de Bakassi riche en pétrole qui trouve ses racines dans le tracé des frontières par les Anglais, les Français et les Allemands.

Cependant cette intégration politique n’est pas relayée par une intégration économique organisée qui pourrait être bénéfique pour les pays de la sous région. En fait, on assiste à une sorte de contradiction entre d’une part la coopération politique et d’autre part la non coordination des politiques économiques.


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