PERSPECTIVES

 

Tension sur les céréales

Le trimestre sera caractérisé par une forte demande en céréales sur les marchés du sous-espace par les commerçants des pays sahéliens pour deux raisons : les grands déficits céréaliers signalés çà et là au Niger, au Tchad, dans l'Extrême nord du Cameroun et dans une moindre mesure au nord du Nigeria, le mois de ramadan qui commence à la fin du trimestre sont autant de facteurs qui vont pousser les commerçants des pays sahéliens à privilégier la stratégie de stockage pendant la période post-récoltes. Les prix des céréales devront atteindre un niveau supérieur à celui de la même période en 96. Le Bénin, malgré de bonnes perspectives pour les récoltes risque de subir le coup si les commerçants nigériens étendent leur zone de prélèvement au nord du pays.

Bétail

Au sud du sous-espace, dans les pays côtiers (Bénin, Nigeria et Cameroun), le bétail devrait coûter plus cher du fait des fêtes de fin d'année. Dans le nord de ces mêmes pays ainsi que dans les pays sahéliens, la stratégie sera davantage la constitution des stocks en perspective du ramadan (qui commencera fin décembre) et à plus long terme de la fête de Tabaski (qui aura lieu début avril). La demande sera forte dans les localités de collecte et plutôt faibles dans les villes. Si l'on doit s'en tenir aux déclarations publiques en matière de bilan céréalier, les éleveurs s'empresseront pour vendre les animaux afin de se procurer des céréales moins chères avant la soudure.

Cours du Naira

Les ventes de devises sur l'AFEM s'élèvent à 2,27 milliards de dollars au troisième trimestre 97 sur une prévision de 2,7 milliards de Dollars, soit 84% de ce montant total. Au rythme de 756 millions de dollars par trimestre, comme c'est le cas, la CBN est sûre de dépasser les prévisions pour l'année 97. Par rapport au niveau du taux de change Naira/Dollar, Le Naira continuera de s'apprécier pour deux raisons : le niveau des réserves tel qu'annoncé en début d'année (6 à 7 milliards de dollars) et l'offre de dollars de la diaspora Ibo et Yoruba sur le marché parallèle sont autant de facteurs qui vont jouer en faveur du Naira. Aussi, sait-on que le dernier trimestre est caractérisé par une baisse de la demande de devises. Les opérateurs observent un certain attentisme dans la commande de marchandises face à la nouvelle loi de finance en préparation.

Les échanges de produits manufacturés Nigeria-ZF

La tendance sera à l'écoulement des produits en stock. Ces produits sont surtout des articles de fête (FN, RN et IRM) stockés à bas prix et revendus chers. Le Bénin et le Niger pourront accroître leurs recettes de réexportation, car la période sera propice à la consommation de produits comme les véhicules, les pneus, le sucre et surtout les tissus pour les fêtes et les fripes à cause de l'harmattan.

Baisse des réserves en devises

Le gouvernement nigérian quant à lui ne connaîtra pas une année aussi faste en terme de réserves en dollars qu'en 96. Le Bonny Light a été vendu légèrement au-dessus des prévisions de $17 le baril. A ce rythme, le surplus de devises non budgétisées sera de 2 dollars en moyenne par baril contre 4 à 5 en moyenne en 96. Ce niveau des réserves est pourtant déterminant pour le taux du Naira en 98.

Changement de gouvernements

L'événement marquant au plan politique dans le sous-espace est le changement de gouvernement dans trois pays du sous-espace (au Nigeria, au Niger et au Cameroun). Ces changements auront à coup sûr, une influence sur les échanges transfrontaliers. Au Niger, le nouveau gouvernement est attendu dans le domaine de la relance du secteur de l'éducation, dans l'apurement des arriérés de salaires et dans la relance du secteur vivrier. Au Nigeria, le secteur pétrolier a besoins de profondes modifications avec la même personne Chef Dan Etete. Au plan monétaire, " Chef Ani " devra poursuivre sa politique anti-inflationniste. Par ce remaniement, le Chef de l'Etat M. Sani Abacha envisage de poursuivre les réformes avant la remise du pouvoir aux civils en octobre 98. Au Cameroun la rentrée dans le nouveau gouvernement de l'opposition va sûrement avoir un impact sur la politique économique du pays.

Les augmentations des prix dans les pays de la zone-franc

Les annonces d'augmentations des prix de certains prix subventionnés au Bénin (l'essence et le ciment notamment) pourrait remettre en cause la nature des échanges transfrontaliers pour ces produits. Tout dépendra évidemment de l'ampleur de ces augmentations.

Les grandes tendances des budgets en préparation et notamment l'adoption de ce type de mesures sont des informations essentielles à recueillir pour prévoir les perspectives d'échanges dans la sous-région.

3% d'augmentation pour le prix du ciment au Bénin comme la rumeur la plus répandue voudrait le laisser croire. La question est donc de savoir si cette variation permettra des importations de ciment en provenance du Nigeria.

Cela est en fait improbable. Actuellement, le ciment à Lagos vaut environ 3000 Fcfa le sac (après conversion du prix à l'aide du taux de change sur le marché parallèle). A Cotonou, le ciment se vend à 2725 Fcfa le sac. Aussi, même si le prix passe, comme la rumeur la plus répandue vaudrait le laisser croire, à 2800 Fcfa cela ne changera rien.

L'Etat béninois, à moins d'un retournement de taux N/Fcfa (ce qui est contraire à la tendance actuelle et à nos anticipations), sera pleinement gagnant, les consommateurs n'ayant pas d'alternatives.

Dans le cas de l'essence, les vendeurs de " federal " seront probablement les principaux gagnants de la prochaine augmentation des prix à la station. On remarque en effet que leur prix est fixé par rapport au prix officiel. En temps d'approvisionnement normal au Nigeria, il est d'environ 175 Fcfa le litre.

Toujours dans l'hypothèse d'une situation normale au Nigeria, il est donc probable que l'augmentation des prix à la pompe entraînera une augmentation de même ordre sur le marché parallèle. Les coûts d'approvisionnement restant identique, les marges des commerçants augmenteront.


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Echanges
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