EDITORIAL


Le premier trimestre qui s'achève peut être placé sous le signe des ajustements politiques dans les cinq pays du sous-espace, même si les questions économiques restent la préoccupation majeure des populations.

Au plan politique, on notera :
Le déroulement des élections présidentielles au Bénin, scrutin qui a débouché sur la réélection pour un mandat de cinq ans de Mathieu Kérékou. Au terme de ce mandat, le président Kérékou aura totalisé 28 ans à la tête de l'Etat béninois. Au delà des tribulations que ces élections ont connues, elles ont été pendant au moins deux mois source de paralysie de l'activité économique.

Le Nigeria a également procédé au remaniement partiel de son gouvernement et de la hiérarchie militaire.

Au Cameroun, deux évènements majeurs sont à signaler. Le premier concerne le remaniement ministériel qui a entraîné d'importants changements dans l'appareil de l'Etat. Le second est relatif à l'agitation politico-sociale qui a résulté des activités de la brigade anti-criminalité à Douala notamment. A cela, il faut ajouter les débats sur la Commission Electorale Nationale Autonome qui sont venus alourdir l'atmosphère politique que les performances économiques de 2000 auraient contribué à réduire un peu.

On retrouve à peu près la même situation au Tchad avec le remaniement ministériel intervenu suite au départ du gouvernement du ministre de l'Agriculture, ancien allié du Président Idris Déby. La fièvre des élections du 20 mars a envenimé les débats politiques sur fond d'une rébellion nordiste qui se fait toujours plus menaçante.

Au Niger, par contre, les équilibres économiques retrouvés (les entrées de recettes permettent au gouvernement de faire face aux dépenses de souveraineté comme le paiement effectif des salaires) sont fragilisés par deux phénomènes majeurs : d'une part, la détérioration de la situation alimentaire qui a obligé le gouvernement à recourir à l'assistance internationale et a provoqué une forte hausse des prix et, d'autre part, la crise universitaire qui a entraîné la fermeture de l'université de Niamey.

Au plan économique, Il faut signaler la descente aux enfers de la monnaie nigériane qui a perdu plus de 10% de valeur entre décembre 2000 et mars 2001. Cette dépréciation de la naira résulte, selon certains analystes, de la recherche effrénée par des opérateurs économiques de devises étrangères pour financer les importations rendues plus importantes par la libéralisation du commerce extérieur. Elle pourrait relancer à terme les exportations nigérianes en direction des pays voisins ; mais, pour l'instant, les gains de compétitivité procurés par la dépréciation de la naira sont annulés par le niveau élevé de l'inflation au Nigeria.

Dr. Bio Goura SOULE

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