EDITORIAL


Le prochain numéro de "l'Ec(h)o Des Frontières" marquera le début d'une nouvelle phase de programme de travail du réseau, sur la base d’un nouveau financement que le Ministère français de la Coopération vient de décider et qui couvrira les trois prochaines années.

Avec ce numéro, une première étape est donc bouclée (du fait de sa position charnière entre les deux étapes du programme, ce numéro est un numéro double : il couvre les deux premiers trimestres de l'année 1998). Quel bilan en tirer ? On soulignera ici trois points :

1. L'originalité du dispositif à caractère régional. La collecte de données simultanée dans cinq pays, à partir d'une méthodologie commune, permet de mettre en évidence les réactions différenciées des pays de la zone franc à l'égard des mêmes "chocs" concernant les déterminants de leurs échanges avec le Nigeria. Elle permet aussi de traiter de questions qui n'ont de sens que dans une perspective régionale, comme l'intégration des marchés, l'articulation des échanges commerciaux et des circuits monétaires... Le dispositif a révélé toute son utilité dans l'évaluation des impacts différenciés de la dévaluation du franc CFA. La perspective de poursuivre le travail engagé depuis 1993 permettra de constituer une base de données unique en Afrique composée de séries "longues" sur les prix et sur les taux de change parallèles.

2. La professionnalisation du réseau de jeunes chercheurs et experts (de 5 pays) autour d'un objet : le suivi et l'analyse des échanges transfrontaliers non enregistrés. Les 12 bulletins publiés, les fiches thématiques (réalisées sur des sujets aussi divers que les céréales, le carburant et les produits pharmaceutiques) et l'intérêt manifesté par les lecteurs (dans les pays concernés et ailleurs) traduisent le succès de l'entreprise.

3. Les avancées dans les méthodes. D'une part les résultats permettent d'aboutir aujourd'hui à des ordres de grandeur dans l'estimation des flux entre le Nigeria et ses voisins qui peuvent fonder une analyse macro-économique. D'autre part, les données réunies sur les prix, les taux de change et les flux, couplées aux connaissances accumulées sur l'organisation et le comportement des acteurs ouvrent des possibilités nouvelles de quantification des impacts.

Il reste à souhaiter que les changements politiques qui s’esquissent aujourd’hui au Nigeria permettent au dialogue sur les politiques économiques entre le Nigeria et ses voisins d’entrer dans une phase plus active.

Johny EGG
(INRA-ESR, Montpellier)


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