BUDGET 1998 DU NIGERIA



Le budget du gouvernement fédéral constitue le cadre d’orientation de la politique économique nigériane. De ce fait, il nécessite un examen particulier pour tenter d’appréhender la dynamique du commerce transfrontalier au cours des prochains mois. L'évolution anticipée de trois variables attire particulièrement notre attention. L'inflation et le taux de change sont les éléments de la compétitivité des produits nigérians dans les pays voisins. La politique tarifaire, complétée par d'autres aménagements (en particulier portuaires) participe au degré d'attraction que ce pays exerce en matière de commerce internationale.

Avec 9% comme objectif d'inflation, le budget 1998 est (en tout cas en apparence) dans la continuité de la politique d'austérité menée depuis 4 ans. Derrière ce résultat, se dissimule pourtant une réalité un peu différente.

Une première décrispation est perceptible à la lecture des dépenses publiques prévues pour 1998 (+34% pour les dépenses courantes et +61% pour les dépenses d'investissement).

Une seconde transparaît dans le relâchement de la pression fiscale que constitue la réduction de l'impôt sur le revenu.

Enfin, si les objectifs de contrôle de la masse monétaire au sens le plus strict sont assez proches de ceux de l'année passée, il est à noter que le gouvernement envisage une croissance de 32% des crédit bancaires contre 20% en 1997.

Le budget 1998 ne propose aucune mesure susceptible d'avoir un impact direct sur l'évolution de la valeur du Naira face aux différentes devises. La fusion des taux de change officiel et autonome, mesure attendue depuis plusieurs années et réclamée par les autorités monétaires internationales, n'a toujours pas été adoptée. L'augmentation de l'allocation en devises que le budget a prévu pour l'AFEM mérite tout de même d'être signalée. Cette allocation culmine à présent à 2,8 milliards de dollar, soit une augmentation de 4,8% par rapport à 1998.

Davantage d'éléments sont à apporter dans le chapitre des tarifs douaniers et des aménagements portuaires. La tendance reste à la libéralisation des importations. Elle concerne cette année les voitures et moto de plus de 8 ans, les volailles et poissons congelés, la bière, l'orge, le malt et les eaux minérales. Ces produits restent très taxés (entre 100 et 150%), à l'exception de l'orge et du malt qui se verront dorénavant appliqué un taux de 20%. Les ingrédients d'engrais (potasse, phosphate de diamant...) et les engrais eux-mêmes bénéficient de taux (5% au lieu de 10% en 1997) plus favorables à l'importation. Rappelons que l'Etat à dès 1996 abandonné sa subvention aux engrais, et qu'il s'agit à présent de prix de marché non prohibitifs.

A l'inverse, les importateurs de produits textiles (les fripes et les tissus), produits dont l'importation n'avait été autorisée qu'à partir de 1997, devront s'acquitter de taxes douanières supérieures à celles de l'année passée; respectivement 75% au lieu de 55% et 65% au lieu de 45%.

Enfin, le budget nigérian 1998, promet d'améliorer ses services portuaires. Les tracasseries (avec l'abandon de la pré-inspection) devraient être réduites permettant une exécution plus rapide des opérations.


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