LES IMPACTS DES ECHANGES



Sorts variables pour les consommateurs d'hydrocarbures

Tchad : Les consommateurs N'djaménois ont été soulagés par les importations d'hydrocarbures de Libye. En effet, face à la persistance de la crise des hydrocarbures au Nigeria, les sociétés de distribution d'hydrocarbures détenues par les Toubou ont mis à profit leur bi-appartenance à la Libye et au Tchad pour importer de l'essence et du gas-oil. Grâce à ces importations, le prix de l'essence qui a atteint la barre de 440 Fcfa le litre a progressivement baissé jusqu'à 400 Fcfa en novembre 97. La monté du prix en décembre à 432 F serait dû à un arrêt momentané de ces importations.

Bénin : Les consommateurs de plus en plus lésés par un nivellement progressif des prix par rapport à leurs homologues du sous-espace (sauf les nigérians).

Depuis deux ans, on a assisté à des augmentations successives de prix des hydrocarbures au Bénin. En deux ans, au cours de la loi de finance 1997et 98, les prix de l'essence super, de l'essence ordinaire et de l'essence mélangé ont connu des hausses respectives de 26%, 18%, et 20% par rapport à leur prix de 1996. On évolue vers un nivellement des prix par rapport aux pays voisins francophones. L'écart de prix entre le Bénin et le Niger pour ne considérer que l'essence n'est plus que de 90 Fcfa contre 140 Fcfa il y a deux ans. De la même manière, les prix sur le marché parallèle suivent cette évolution des prix officielles, stratégie de "pricing to the market" oblige.

Niger: Marché officiel et parallèle de Maradi et Zinder ont tiré leur épingle du jeu aux dépens des consommateurs au nom de la crise des hydrocarbures au Nigeria.

Malgré la reprise des approvisionnements au Nigeria, les consommateurs de ces deux villes ont pendant les mois d'octobre et novembre subit le plus la loi du marché parallèle. En effet, prétextant les difficultés d'approvisionnement donc la hausse des coûts de transfert, les acteurs du marché parallèle ont pu écouler leur produits malgré leur prix plus élevés que ceux des stations officielles. Il était plus avantageux de s'approvisionner sur le marché officiel mais une partie des consommateurs s'est toujours approvisionnée sur le marché parallèle pour éviter les longues queues d'attente au niveau des rares stations de ces villes.

Les consommateurs affectés par la libéralisation des prix des engrais au Nigeria

Nigeria : Le tâtonnement dans la politique de dérégulation ou de libéralisation adoptée dans le budget de 1997 a été à l'une des causes des mauvaises récoltes des céréales enregistrées dans les principales zones de production au nord du Nigeria. Des dispositions pratiques pour assurer les importations d'engrais n'ont pas accompagné la suppression des subventions annoncée dans le budget. Cette politique continuera à porter préjudice à la production vivrière nigériane tant que la politique de production et d'importation d'engrais ne sera pas clairement définie. En effet, de nombreux opérateurs hésitent à s'investir dans les importations. A présent, seul le groupe Dangote a reçu l'autorisation d'importer contre le gré, semble-t-il, des producteurs locaux. Dans les pays de la ZF qui entourent le Nigeria, c'est surtout les maraîchers et les producteurs de paddy qui subiront les conséquences et par ricochet les consommateurs.

Bétail : 1997 n'a pas été favorable pour le budget nigérien.

Mille neuf cent quatre vingt dix-sept contrairement à 1996 a connu une baisse importante des exportations nigériennes (voir graph 7). Sur 9 mois les exportations ne représentent que 44% de celles de 1996 en nombre de têtes, soit 1 042 104 de têtes en 96 contre 458 351 en 97 toute espèces confondues. Ce niveau des échanges de bétail est l'image de la situation socio-économique dans ce pays. Au Tchad, l'observation sur les quatre derniers mois présente la situation inverse. Les exportations tchadiennes des quatre derniers mois 1997 ont cru de 37% par rapport à ceux de 1996, soit 70 852 têtes en 97 contre 51 545 en 96.

Réexportation 1997 : une bonne année pour les caisses de l'Etat béninois

Mille neuf cent quatre vingt dix-sept a été une année record pour les droits de douane perçus par le Bénin, sur les produits clés au port (voir graph 8). Ceux-ci sont passés de 26,7 milliards en 1995 à plus de 38 milliards de Fcfa en 1997, soit une augmentation de 43%. De 1995 à 1997, l'amélioration est graduelle. En 1996, les droits de douane s'élevaient à 29,9 milliards de Fcfa. Par cette amélioration, il faut comprendre que c'est le commerce de réexportation qui se porte mieux et peut-être aussi que le système de prélèvement s'est amélioré. En effet, les 22 produits qui ont fait l'objet de l'observation sont en grande partie vendus au Nigeria. Les plus importants dans la réexportation actuellement sont les tissus et friperies, les pneus d'occasion, les voitures d'occasion, les tomates en boîtes, les alcools, les viandes et poissons congelés.


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