- diminuer les contraintes de la partition coloniale
- créer les cadres optimaux de développement
L'Afrique de l'Ouest est sans nul doute la partie du continent noir où les expériences de regroupements régionaux sont les plus nombreuses. Entre 1952, date de la constitution de la mission d'Aménagement du fleuve Sénégal, et aujourd'hui, plus de 43 organisations de coopération régionale ont été envisagées ou réalisées. De ces multitudes d'organisations trois ont véritablement connu de succès :
- la CEAO créée en 1973 (devenue l'UEMOA en 1994)
- le CILSS également créé en 1973
- la CEDEAO constituée en 1975.
En marge de ces structures d'intégration régionale officielle, le dynamisme des échanges commerciaux se traduit aussi par l'apparition des formes nouvelles de structuration spatiale. L'équipe INRA-IRAM-LARES en a déduit trois : le sous-espace est (Bénin, Cameroun, Niger, Nigeria, Tchad); centre (Burkina, Côte d'Ivoire, Ghana, Mali est, Togo); et ouest (Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Mali ouest, Sénégal).
Ces différents phénomènes de polarisation spatiale qui peuvent être considérés comme un défi aux regroupements régionaux formels méritent d'être bien suivis afin de déterminer leurs impacts sur les politiques économiques des Etats.
C'est ce que tente de faire l'équipe INRA-IRAM-LARES en mettant en place depuis 1995 un réseau de chercheurs sur la problématique du sous-espace-est. Dans cette zone d'emprise du Nigeria, l'intégration par le marché est parfaite. Celle-ci empêche les pays limitrophes du Nigeria d'avoir une politique économique totalement indépendante de celle de leurs voisins.
Les différentes manifestations de cette intégration par le marché font l'objet de la rédaction d'une note de conjoncture appelée ECHO DES FRONTIERES animée par un réseau de chercheurs impliquant 6 institutions de recherche, 3 universités et 1 structure d'intégration sous-régionale.
Aujourd'hui, l'écho des frontière est à son 10ème numéro. Le bilan que l'on peut faire de cette entreprise est positif, tant sur le plan scientifique qu'économique.
- Sur le plan scientifique, l'expérience a permis de constituer un véritable réseau de chercheurs autour d'une thématique centrale L'intégration par le marché dans le sous-espace-est. Ce réseau qui implique à la fois les chercheurs du nord et du sud, les francophones et les anglophones, apparaît comme l'une des plus belles expériences de partenariat scientifique dans la sous-région ouest-africaine ;
- sur le plan économique, les 10 numéros de l'écho des frontières ont bien montré que le marché dans la zone d'emprise du Nigeria est effectivement unique, confirmant ainsi l'une des exigences de la mondialisation de l'économie. Cette unicité du marché est basée sur le dynamisme des acteurs transfrontaliers, sur le différentiel du taux de change entre le franc cfa et le Naira et sur la demande des consommateurs jamais satisfaite par les Etats pris individuellement. Le gap entre l'offre et la demande est parfois si important qu'il s'est constitué dans cette zone un seul panier de l'offre en denrées de base dans lequel puisent les populations des 5 Etats concernés par ce sous-espace-est.