LES DETERMINANTS DES ECHANGES FRONTALIERS

 

STABILITE PUIS BAISSE DES PRIX AU NIGERIA

Suite à la politique monétaire restrictive menée par les autorités nigérianes, les prix se sont stabilisés en août. Ils ont ensuite commencé à baisser à partir de la fin septembre du fait de deux interventions des autorités nigérianes aux alentours du 20 septembre. D'une part, le gouvernement nigérian a vendu des bons du Trésor pour un montant de 2 milliards de nairas, afin de retirer une partie de la monnaie en circulation dans l'économie. D'autre part, la CBN, dans le cadre de sa 4e intervention pour soutenir le cours de la naira a recueilli auprès des banques la contrepartie des 446 millions de $ qu'elles demandaient (soit plus de 36 milliards de nairas). Comme l'opération a mis un mois à se dénouer, la CBN a conservé les nairas (sans octroyer les devises) jusqu'au 20 octobre. La contraction de la masse monétaire qui en a résulté s'est traduite par une chute généralisée de la demande qui a orienté les prix à la baisse.

NOUVELLE BAISSE DE LA NAIRA SUR LE MARCHE PARALLELE

 

Evolution du taux de change Naira / FCFA de janvier à octobre 1995 (en FCFA pour 1 naira)

Lieu \ date

30.01.95

01.07.95

12.08.95

01.09.95

30.09.95

28.10.95

Variation entre le 30.01 et le 28.10 (en %)

LAGOS

7.15

6,15

5,85

6,25

6,1

5,95

- 16,8 %

COTONOU

7,05

6,13

5,86

6,17

6,07

5,85

- 17 %

MARADI

ND

6,25

5,9

6,17

6,13

ND

-

GAROUA

8

6,45

6,25

6,25

6,45

6,45

- 19,4 %

KANO

ND

6,15

5,88

6,1

5,98

ND

-

 

Le taux de change naira/FCFA a connu une évolution en dents de scie ce trimestre (la même sur tout le pourtour du Nigeria, témoignant de l'intégration spatiale du marché des changes parallèles): forte chute de la naira entre début juillet et la mi-août, forte remontée jusqu'au début septembre (sauf au Cameroun où elle a été un peu plus tardive) puis nouvelle baisse jusqu'à la fin du mois. Au total, la naira se trouve à la fin septembre légèrement en dessous de son niveau de début juillet. Cependant, si on considère l'évolution sur une plus longue période, ce trimestre s'inscrit dans un mouvement général de baisse amorcé au début de l'année 95.

 

Les principaux déterminants de cette baisse de la naira ont été:

 

- l'évolution du marché mondial des hydrocarbures (le prix du baril de Bonny Light qui avait dépassé les $19 le 10 avril 95 est tombé à $15,5 le 24 juillet pour atteindre $17 à la fin septembre).

- la baisse de la production nigériane de pétrole brut suite à des problèmes techniques (notamment l'incendie d'une plate-forme de la société Ubit au début de l'année et surtout un accident avec un pipe-line à la mi-juin 95 qui réduit de 300000 barils/j la production de brut de la firme Mobil Producing Nigeria Unlimited).

 

L'affaiblissement de la balance commerciale qui résulte de cette baisse des exportations pétrolières (qui représentent 90% du montant global des exportations nigérianes) a fait chuter la naira par rapport aux devises fortes (auxquelles est lié le FCFA du fait de sa fixité avec le FF).


DEFLATION IMPORTEE DANS LES PAYS DE LA ZONE FRANC

Cette baisse des prix au Nigeria et la chute de la monnaie nigériane font baisser les prix des produits venant du NIGERIA à la fois au BENIN, au NIGER et CAMEROUN. Dans ce dernier pays, entre juillet et septembre, les prix ont baissé en moyenne de 3,2% pour les produits fabriqués au Nigeria. Cependant, certains produits font exception comme par exemple au BENIN les boissons gazeuses (dont le prix augmente fortement du fait d'une hausse de 50% du prix sortie-usine au Nigeria) ou les pagnes (du fait de la forte demande dont ils font l'objet à l'approche des fêtes). Le prix du riz importé sur le marché international a aussi fortement augmenté dans tous les pays du fait d'une contraction de l'offre mondiale (mauvaises récoltes en Chine et en Inde).


RENFORCEMENT DES CONTROLES DOUANIERS AU BENIN ET AU NIGER

Depuis février 95 la vigilance des douanes s'est renforcée tant au BENIN qu'au NIGER. Au NIGER, ce phénomène a été dû à l'arrivée du nouveau gouvernement. Au BENIN, il s'agissait de remplir les objectifs budgétaires fixés dans le cadre du Programme d'Ajustement Structurel. Au NIGER, l'activité commerciale a été tellement gênée que plusieurs réunions de concertations (regroupant les autorités administratives, les commerçants et les douanes) ont eu lieu à la fin septembre dans les principales villes du pays. Au BENIN, le renforcement des contrôles s'est traduit par une forte diminution de la fraude et un quasi-doublement du montant du dédouanement (forfait à payer par camion).


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Perspectives