LE BAS BENIN


La Zou-Sud jouit d’une bonne homogénéité socio-culturelle et historique. Elle constituait pour l’essentiel la partie centrale du célèbre royaume du Danxomè avec plus de 3 siècles de gestion administrative, socio-politique, religieuse décentralisées mais unitaire sous le règne de la monarchie d’Abomey.
La population est composée pour l’essentiel de l’ethnie Fon . La cellule sociale de base est le Hennu (la collectivité ou la famille très large) dont le chef a la charge de la gestion du patrimoine foncier, agro-forestier et socio-culturel. Autrefois, le patrimoine foncier et certaines infrastructures sociales de base (puits, atelier de travail, cimetière etc.) faisaient l’objet d’une gestion collective. Cette situation a connu de profonds changements à partir du début du siècle du fait de l’Etat moderne et à la faveur de l’incorporation dans l’économie de marché. De nos jours, même si le Hennu garde encore une existence spatiale et symbolique, même si des rites funéraires et religieux (vodoun) continuent de rassembler les fils, filles et alliés du Hennu, celui-ci influence ou détermine de moins en moins les choix et itinéraires de vie de ses fils.
Le ménage (l’homme avec sa ou ses femmes, leurs enfants et parents immédiats) constituent désormais le lieu social de gestion du patrimoine productif. Les domaines agricoles de collectivité (Hennu) n’existent pratiquement plus et des appropriations individuelles des terres agricoles et parfois d’habitation constituent désormais plus la règle que l’exception.
Dans ce contexte, les jeunes et les femmes dépendent maintenant beaucoup plus des chefs de ménage que des chefs de collectivité pour un accès sécurisant à la terre, ce qui n’est souvent pas acquis par avance. Lorsque les ayant – droit sont absents du territoire du village, ces femmes et jeunes mettent la terre en valeur, sans une sécurité de jouissance qui autoriserait des investissements.
Les principales activités génératrices de revenu sont l’agriculture en grand déclin du fait de la dégradation des terres (le maïs ne pousse généralement plus, ni le manioc ; on peut encore cultiver l’arachide et le sorgho), le petit élevage de case en vaine pâture (volaille, porcins et caprins), les transformations agro-alimentaires (huiles de palme et d’arachide, produits du maïs et du sorgho) et le petit commerce de détail pour les femmes. Certains jeunes tentent sans grande réussite de s’engager dans les petits métiers périurbains.
Une partie de la population active migre vers le Zou-Nord à la recherche de terres agricoles tandis que les jeunes déscolarisés tentent leur chance dans l’exode vers les villes, en particulier Cotonou. Cette dernière option a montré des limites vers la fin des années 80s et a entraîné des retours au village. Le semblant de reprise économique constatée dans les villes à la fin des années 90s suscite de nouveaux départs, mais déjà aussi des désillusions.

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